Examen du projet de loi portant sur la création des emplois d’avenir

Mme Barbara Pompili. Au nom du groupe écologiste, je félicite madame la rapporteure pour avis de son efficacité.

La lutte contre la précarité des jeunes est une priorité reconnue par tous. Si l’approche doit être globale, les emplois d’avenir constituent une première réponse dont je salue l’inscription précoce à l’ordre du jour du Parlement. Il s’agit de créer les conditions d’une première expérience professionnelle pour les jeunes peu ou non diplômés et sans emploi. Pour leur proposer un véritable « chemin vers l’emploi durable », selon l’expression de Nadia Bellaoui, présidente de la Conférence permanente des coordinations associatives, il faut intégrer la formation aux conditions prévues au contrat, mieux cibler les secteurs d’activité concernés et favoriser les contrats à plein temps. Enfin, il faut absolument associer davantage au dispositif les entreprises d’insertion et les secteurs de l’économie sociale et solidaire, qui accomplissent un travail considérable auprès des jeunes en difficulté.

On ne peut nier les effets catastrophiques de la mastérisation, conjuguée aux suppressions de postes, sur le recrutement d’enseignants – dont les étudiants issus des milieux les plus modestes ont été évincés – et sur la formation professionnelle. La création des emplois d’avenir professeur peut permettre de soutenir les étudiants les plus en difficulté et de susciter des vocations, ce qui est une bonne chose. Le dispositif nous inspire néanmoins plusieurs réserves.

Tout d’abord, cette mesure ne doit pas se faire au détriment de la réforme globale de la mastérisation, qui demeure impérative : la formation professionnelle doit être réintroduite et la question du pré-recrutement posée. En attendant cette grande réforme, les modalités de déploiement du dispositif suscitent des interrogations : est-il prévu d’aménager les cursus universitaires ? Ne risque-t-on pas de créer un système de formation à deux niveaux – d’un côté, des étudiants peu nombreux qui bénéficieront d’une petite formation professionnelle, de l’autre, une majorité privée de cette expérience ? Quels seront les moyens alloués à l’accueil des étudiants dans les établissements, à leur encadrement ? Qu’en sera-t-il, par exemple, du tutorat ? Il faut également préciser la nature des missions qui seront confiées aux bénéficiaires et qui doivent présenter un intérêt réel, notamment du point de vue pédagogique. Les modalités de recrutement suscitent elles aussi des inquiétudes qu’il convient de dissiper.

La concertation est en cours et un texte d’envergure nous sera très bientôt soumis. Peut-être faudra-t-il alors intégrer ce dispositif à la formation professionnelle et soutenir par un ambitieux système de bourses les étudiants socialement défavorisés.

Equipe de Barbara Pompili

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