Candidature de Paris aux JO 2024

Candidature de Paris aux JO 2024

Ce mercredi, Barbara Pompili est intervenue en commission des affaires culturelles et de l'éducation au sujet de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

Elle a rappelé le rôle crucial que doit jouer ce projet dans le processus de modernisation écologique du Grand Paris. Les écueils des Jeux précédents doivent être évitées, tant en matière de dérive financière que de durabilité des constructions et de leur fonctionnement.  Par ailleurs, il faudra prendre les mesures nécessaires pour ouvrir ces Jeux à l'ensemble de la population, en incluant les associations qui œuvrent quotidiennement au vivre-ensemble et en ouvrant véritablement ces Jeux aux personnes aux revenus modestes.


Réunion de commission à visionner en cliquant ici

Intervention de Barbara Pompili :

Monsieur Thobois,

Comme vous le savez, les écologistes ont un regard exigeant sur la candidature de Paris aux JO 2024. Accueillir ce grand événement sportif peut être une belle opportunité si on tire les leçons des précédents jeux qui ont généré de lourdes dérives financières  avec les conséquences que l’on connait pour les collectivités locales concernées, car ce sont bien elles qui supportent les pertes budgétaires.

De même, les retombées fiscales et économiques escomptées de ce type d’événements sont souvent décevantes. Les emplois créés sont moins nombreux que les estimations présentées et, très majoritairement, temporaires. L’impact sur le tourisme est lui aussi à relativiser car l’effet d’éviction est bien connu.

Or, sur les avantages escomptés ou les bilans présentés, certaines analyses mises en avant dans l’étude de faisabilité de février posent question car d’autres, bien moins positives, ont également circulé. 

Comme trop souvent, les prévisions quant aux retombées économiques ou celles relatives aux coûts sont éloignées de la réalité. Comment envisagez-vous de ne pas tomber dans cet écueil ? Comment garantir des études et des estimations sincères ? Un comité de vigilance et d’éthique, composé d’acteurs non parties prenantes, pourrait par exemple suivre et être associé à la faisabilité de la candidature ?

Il faut impérativement sortir du système actuel qui incite les villes candidates à surenchérir en proposant des projets mirobolants. Et la sincérité et l’exemplarité de la candidature doivent se retrouver au niveau financier mais aussi au niveau du projet porté, ce qui m’amène à parler du projet lui-même.

Il faut avoir l’ambition de faire de ces JO un outil au service de la modernisation écologique du Grand Paris. Cette candidature doit être un catalyseur pour accélérer les grands chantiers d’infrastructures comme les transports collectifs, car l’accès des sites par les transports en commun ou les modes doux est un impératif, mais aussi pour construire de nouveaux équipements – y compris sportifs – qui répondent aux normes environnementales les plus exigeantes et aillent même au-delà.

Les éco-quartiers ont été évoqués. Pensons aussi aux constructions à énergie positive. Et, il est essentiel que tout projet de construction soit réfléchi en intégrant - et vous l’avez un peu dit - son utilisation d’après JO. C’est la question de la deuxième vie des constructions et équipements. N’oublions pas – et cela a été dit - que certains villages construits par le passé ont encore du mal à trouver une utilisation adéquate.

Les réflexions sur les équipements et l’usage des matériels doivent aussi être animées par ce même état d’esprit de durabilité. C’est la question de la gestion des déchets avec des objectifs à avoir en matière d’économie circulaire. C’est celle de la provenance et de la qualité des matériaux, des objets ou des produits alimentaires. Je pense par exemple aux conditions de travail de celles et ceux qui les ont produits.

Aussi, pourriez-vous préciser si ces exigences sont bien prises en compte et comment ? Là aussi, il pourrait être intéressant que des ONG environnementales et s’intéressant aux Droits l’Homme soient associées à l’expertise et au suivi du projet.

Autre point sur lequel je souhaiterais en savoir plus : quelles actions concrètes sont envisagées pour que cet évènement sportif soit réellement accessible à l’ensemble de la population ?

Cela peut passer par une tarification permettant à celles et ceux ayant des revenus modestes ou très modestes d’assister à l’ensemble des épreuves. La question de quotas de billets gratuits ou à tarif très symbolique peut aussi se poser. Cela veut dire aussi permettre aux nombreuses associations sportives qui construisent – sur le terrain – le vivre-ensemble d’être acteurs de ces JO, et pas uniquement en fournissant des bénévoles. Elles doivent être associés à la construction du projet et participer, pleinement, à ces Jeux. Et pour que ces JO incarnent vraiment le vivre-ensemble, comment comptez-vous faire pour que cet évènement bénéficie aussi - directement ou indirectement - aux équipements sportifs de proximité, essentiels à notre vision du sport pour tous ?

Enfin, concernant les Jeux Paralympiques, vous avez insisté sur le sujet. Aujourd’hui, nombre de personnes en situation de handicap préfèrent maintenir l’organisation de ces jeux dans un temps spécifique, dissocié des JOnotamment afin de garantir leur visibilité.

Mais j’espère que cette question évoluera et que les Jeux olympiques permettront de mettre en valeur, en même temps, et avec la même importance, les exploits des hommes, des femmes, des valides et des non-valides.

Cette évolution vers une société inclusive, nous devons tous y œuvrer.

La candidature de Paris aux JO doit prendre avec sérieux cette exigence.

Merci

Equipe de Barbara Pompili

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