Explication de vote : budget sport, jeunesse et vie associative

Mme Barbara Pompili.Je tiens tout d’abord, au nom des écologistes, à vous féliciter, monsieur le ministre, d’avoir su préserver dans le contexte difficile actuel le budget dédié au sport, à la jeunesse et à la vie associative. Les écologistes approuvent les grandes orientations prises à travers ce budget, qu’ils voteront.

Le plan de redressement du Centre national pour le développement du sport en est un exemple. Mis en déficit à cause d’une gestion douteuse privilégiant des événements pharaoniques, l’avenir de cet organisme était en péril. Aussi je salue votre volonté de recentrer le CNDS sur sa mission première : développer la pratique sportive pour tous et lutter contre les inégalités territoriales d’accès au sport. Voilà très exactement les politiques publiques que nous soutenons : en faveur de la pratique du sport pour toutes et tous.

Les petites associations sportives mériteraient d’ailleurs un soutien budgétaire plus marqué. Car c’est grâce à ces clubs et à l’investissement des nombreux bénévoles que nous pouvons pratiquer du sport où que nous habitions. Mais ce n’est pas que cela : investir dans des clubs locaux, c’est aussi renforcer les liens sociaux qui se tissent entre les populations d’un quartier ou d’une commune ; c’est recréer des aventures collectives ; c’est participer au vivre ensemble.

Et ce vivre ensemble ne doit exclure personne. Je pense au handisport et à l’intégration des personnes handicapées.

M. François Rochebloine. Très bien !

Mme Barbara Pompili. Car il s’agit aussi de faire du sport un espace de partage et de rassemblement de tous et pour tous.

De très belles initiatives existent et mériteraient davantage de soutien des pouvoirs publics. Je pense à l’association amiénoise Jouons ensemble, qui organise tous les ans une rencontre sportive entre des supporters de football et des personnes handicapées.

Je souhaite aussi dire un mot sur la place du sport féminin…

M. François Rochebloine. Championnes du monde !

Mme Barbara Pompili. …insuffisamment soutenu, valorisé et visible à mon sens. Car les femmes aussi font du sport ! Et leur talent est indéniable, elles l’ont prouvé encore récemment.

Et bien sûr, nous partageons votre volonté de mettre plus d’éthique dans le sport en luttant contre le dopage, les paris ou matchs truqués.

Concernant la vie associative, je m’associe à la plupart des constats du rapporteur pour avis, Malek Boutih. Le tissu associatif a beaucoup souffert ces dix dernières années et a besoin aujourd’hui d’un soutien fort des pouvoirs publics.

La montée en charge du "service civique" ne doit pas se faire au détriment de l’ensemble de la vie associative. Compte tenu du caractère transversal de l’action associative, une plus grande implication financière des différents ministères serait nécessaire.

Car les besoins sont grands. Je pense par exemple à la fonction employeuse des associations, qui nécessite plus d’accompagnement. La stabilité des crédits du Dispositif local d’accompagnement ne permet pas de répondre convenablement aux enjeux, d’autant que l’arrivée des emplois d’avenir va renforcer les besoins.

Je pense également au Fonds pour le développement de la vie associative, qui mériterait une revalorisation.

M. François Rochebloine. Très bien !

Mme Barbara Pompili. Sa faiblesse actuelle n’autorise pas l’organisation d’une véritable formation des bénévoles. Pourtant, l’engagement citoyen est essentiel pour le fonctionnement du tissu associatif. Cela participe aussi à cette construction du vivre ensemble qui est précieuse.

Je ne m’étendrai pas sur le congé engagement, mais permettez-moi de rappeler que les attentes sont ici très grandes. Et permettez-moi également d’insister sur les besoins en financement pour l’embauche de personnel qualifié et spécialisé. Enfin, un mot à propos des structures de l’éducation populaire, qui mériteraient plus de soutien de la part des pouvoirs publics.

En ce qui concerne le mode de financement des associations, je tiens à souligner l’importance de la subvention et de l’engagement pluriannuel. Les associations demandent à ce propos une révision de la circulaire Fillon de janvier 2010, et il me semble essentiel de leur répondre positivement. Il faut également mettre fin au financement par projet et inscrire dans la durée l’engagement des pouvoirs publics.

Mme Marie-George Buffet. Très bien !

Mme Barbara Pompili. Car nous ne devons pas oublier que les associations assument nombre de missions relevant de l’intérêt général. Dans bien des cas on peut parler, sans exagérer, d’une co-construction des politiques publiques.

Outre la demande de définition d’un cadre clair et d’une simplification des modes de financements, je souhaite également rappeler la demande de simplification administrative car les moyens aujourd’hui consacrés à la recherche de financements devraient être utilisés pour des actions au bénéfice de la population.

Pour conclure, nous voterons bien entendu ce budget et nous espérons que le changement d’approche amorcé ici n’est que le début d’une profonde réforme en faveur de la jeunesse et de la vie associative. (Applaudissements sur les bancs des groupes écologiste et SRC.)

Equipe de Barbara Pompili

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