France Télévisions

France Télévisions

Lors de l'audition de la Ministre Fleur Pellerin sur France Télévisions, Barbara Pompili est intervenue au nom du groupe écologiste pour soulever différents enjeux : rendre les objectifs plus simples et clairs ; relever le défi du numérique avec, par exemple, la mise en commun des ressources des différentes chaînes ou la meilleure prise en compte des nouveaux modes d'utilisation des médias dans la façon dont France Télévisions met en place ses nouvelles orientations; le projet "Info 2015" de rapprochement des rédactions nationales de France 2 et France 3 qui doit mieux prendre en compte les inquiétudes des personnels car cette fusion ne doit pas se faire à leur détriment et doit répondre à des objectifs stratégiques clairs; mieux marquer les identités des différentes chaînes ; concrétiser les préoccupations partagées pour faire réellement de France 3 la chaîne des territoires et prendre en compte les impacts possibles de la réforme territoriale ; s'intéresser à l'audience de la jeunesse en regardant ce qui est fait par exemple en Grande Bretagne avec des productions spécifiques ; le besoin de mieux représenter la diversité de notre société etc.

Synthèse de l'intervention de Barbara Pompili

Les écologistes partagent les conclusions du rapport Schwartz relatives à la nécessité de rationaliser et de simplifier les objectifs de France Télévisions. L’État actionnaire a toute sa part à prendre dans l’élaboration d’objectifs clairs. Le manque de lisibilité est à l’origine de problèmes pérennes et délicats qui restent encore à résoudre.

Le choix de relever le défi du numérique nous semble particulièrement intéressant, notamment en ce qui concerne la mise en commun des ressources des diverses entreprises de l’audiovisuel public. Le renforcement des synergies, par exemple avec les radios, a fait ses preuves ailleurs. Nous préconisons en conséquence la mise en place d’une arche numérique de service public. Le rapport incite aussi, à juste titre, sur la prise en compte des nouveaux modes de consommation des médias – le replay est par exemple de plus en plus utilisé. Ces évolutions peuvent susciter des inquiétudes de la part des personnels, notamment en ce qui concerne les polycompétences ; il faut y répondre.

J’en viens au projet Info 2015. En matière d’information, la mise en commun des équipes de France 2 et de France 3 peut faire l’objet d’un consensus à condition que le projet soit bien expliqué, que les personnels y soient associés et qu’ils voient où ils vont. Ce n’est malheureusement pas le cas, et le rapport Vacquin, cité par Mme Martine Martinel, a bien montré que certaines rédactions et certaines professions sont désormais dans une véritable situation de détresse. Nous aurions tort de prendre les inquiétudes de ces personnels à la légère. Nous devons absolument trouver ensemble les moyens pour que la fusion se déroule le mieux possible.

La différenciation des identités des chaînes doit également être plus prononcée. Il nous semble important de réaffirmer le rôle de France 3. On entend répéter que France 3 est la chaîne des territoires et non une chaîne nationale aux décrochages régionaux. Nous avons également dit notre préoccupation concernant l’impact de la réforme territoriale qui ne doit pas être l’occasion d’éloigner les antennes régionales du niveau local. Malgré le consensus qui se dégage, nous ne voyons pas comment les choses se mettent en place concrètement.

Il nous paraît important d’adapter France Télévisions à la façon dont la jeunesse consomme les médias pour la faire revenir vers la télévision de service public. Que pensez-vous de l’exemple de BBC Three qui a lancé des productions exclusives sur Twitter et sur Snapchat ?

Il est nécessaire d’augmenter la diversité dans l’audiovisuel public – elle ne doit pas être cantonnée à France Ô –, ainsi que la présence des handicapés qui doivent aussi apparaître à l’antenne. Le service public devrait être exemplaire sur ces sujets ; ce n’est pas le cas.

Le CSA a émis des mises en demeure concernant le traitement des attentats de janvier dernier. Ce qui s’est produit pose des questions sur la façon dont nous envisageons la liberté de la presse. Les journalistes eux-mêmes s’interrogent sur la gestion de l’information en concomitance avec des réseaux sociaux très rapides qui ne sont pas du tout encadrés. Comment gérer la liberté d’expression dans un tel cadre ?

Madame la ministre, vous avez évoqué l’extension de l’assiette de la redevance : quelles pistes suivez-vous en la matière ? Envisagez-vous un financement par la création ?

 

Pour voir le compte-rendu de la réunion, cliquer ici

Equipe de Barbara Pompili

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