Journée mondiale des sols. "La terre est notre bien commun, il faut la préserver et l’utiliser avec respect."

Journée mondiale des sols. "La terre est notre bien commun, il faut la préserver et l’utiliser avec respect."

A l'occasion de la journée mondiale des sols, Barbara Pompili est intervenue à l'ouverture d'un colloque à l'Assemblée nationale sur cet enjeu.

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Intervention de Barbara Pompili (seul le prononcé fait foi) :

Bonjour à tous,

Je suis ravie de vous accueillir aujourd’hui à l’Assemblée nationale à l’occasion de la journée mondiale des sols. Cette journée est particulièrement importante. Le haut patronage du Ministère de l’écologie ainsi que les partenaires de qualité que sont l’association française d’étude des sols et la FAO en témoignent.

Brigitte Allain n’a malheureusement pu être présente aujourd’hui. Mais je la représente ici car c’est bien grâce à elle que cette rencontre a lieu. En tant que membre du club parlementaire pour la protection des sols, Brigitte a accepté avec enthousiasme la tenue à l’Assemblée nationale de ce 2ème colloque de la journée mondiale des sols, sujet décisif pour les générations à venir. Ma collègue Brigitte est, vous le savez, particulièrement investie sur ces enjeux.

D’ailleurs, si mes souvenirs sont bons, il y a pratiquement un an jour pour jour, elle organisait ici même un colloque intitulé « terres nourricières, réservoirs d’emplois ». L’objectif clairement affiché était de peser dans le débat parlementaire en faveur de la protection des terres agricoles et de leur bonne répartition.

Deux lois étaient alors en discussion : la loi ALUR, accès au logement et Urbanisme Rénové, et la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt.

Nous avons pu alors mesurer l’ampleur de la mobilisation citoyenne, associative, scientifique sur la lutte contre l’artificialisation des terres. Dans l’hexagone et en Europe, ce phénomène est particulièrement préoccupant. En France, le chiffre de bétonisation de l’équivalent d’un département tous les 7 ans est souvent cité.

Malgré cette mobilisation et ces alertes, il apparaît que les réponses politiques apportées ne seront pas suffisantes, même si un certain nombre d’avancées ont pu être engrangées. Je pense au PLU-intercommunal qui évite des prises de décisions parfois opportunistes en matière d’urbanisme, ou encore au renforcement des commissions départementales de protection des espaces naturels agricoles et forestiers dans leur pouvoir de contrôle des zones à urbaniser.

Lors de la conférence environnementale, qui vient de se clore…. au-delà des remerciements aux vers de terre…. l’objectif de stopper l’artificialisation des sols n’a pas été formellement repris par le Gouvernement.

Peut-on espérer que la loi sur biodiversité reprendra l’engagement de zéro artificialisation nette en 2025 ? Vous aurez l’occasion d’en reparler cet après-midi et d’avancer sur de nouvelles propositions.

Alors que les négociations en vue de la COP 21 se poursuivent, ce matin, l’enjeu est d’élargir la prise de conscience collective quant à la contribution des sols à la lutte contre le réchauffement climatique et il s’agit aussi de mettre en avant les multiples services que rendent les sols tant en faveur de la biodiversité, de la qualité de l’eau ou encore de la sécurité alimentaire avant qu’il ne soit trop tard !

En Picardie, nous avons en quelque sorte pris le chemin inverse. Nous n’avons pas réussi à préserver l’existant et la situation dégradée des sols nous a obligés à trouver des solutions pour leur restauration.

Nous avons aujourd’hui un double défi à relever : celui de la dépollution des anciens sites industriels et celui de l’érosion des sols. Le développement des grandes cultures dans les années 70 a mené à un agrandissement des exploitations et à une monoculture, qui rend les paysages plus vulnérables à l’érosion. Ainsi un programme de reboisement, d’implantation de haies ou bandes enherbées a permis de contenir la situation. L’agence de l’eau Artois Picardie y travaille assidûment ainsi que la Conseil régional.

Ce travail de réhabilitation a un coût : environ 170 euros l’hectare, auxquels s’ajoutent les frais de dépollution de l’eau… Et ce sont donc les citoyens qui paient ce coût économique, environnemental et sanitaire de la destruction de nos sols.

De cet exemple picard, ce qu’il faut retenir est simple : il faut prévenir plutôt que guérir !

Dans une planète aux ressources finies, et dans laquelle les éléments naturels font l’objet de concurrence d’usage, il est nécessaire d’injecter de l’intelligence et de s’appuyer sur la recherche dans nos prises de décision.

Je pense ici aussi à l’impérieuse nécessité d’éviter ce que l’on appelle les grands projets inutiles.

Et ils sont bien trop nombreux ces grands projets inutiles :

  • le barrage de Sivens,
  • la ferme des 1000 vaches,
  • le Canal Seine Nord Europe,
  • le Lyon Turin,
  • l’aéroport de Notre dame des landes,
  • ou encore le dernier Center parc de l’Isère.

Il ne s’agit pas de refuser systématiquement des projets d’aménagement, mais de mieux les penser.

A chaque fois, dans les exemples que je viens de citer, des zones à fort intérêt écologique risquent de se retrouver sacrifiées au profit de grands aménagements disproportionnés.

La terre est notre bien commun, il faut la préserver et l’utiliser avec respect.

Je suis certaine que cette journée permettra d’y contribuer et je peux vous assurer que les écologistes, et le club parlementaire pour la protection des sols, (initié par ma collègue Sandrine Bélier) y apporteront leur part.

Je vous souhaite de bons débats.

 

 

 

 

Equipe de Barbara Pompili

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