Le verdict des européennes est accablant - Il faut recréer l'espoir

Barbara Pompili a interrogé Manuel Valls aujourd'hui, lors de la séance des questions d’actualité au gouvernement, sur les conséquences du vote de ce dimanche et les réformes attendues.

Monsieur le Premier Ministre,

Le verdict des élections européennes est accablant. Par l’abstention qui s’enkyste. Par la défiance exprimée envers l’Europe, puisque plus d’un électeur sur trois a choisi une liste opposée à la construction européenne. Par un mouvement d’extrême droite qui a obtenu un quart des suffrages exprimés – ce qui n’était jamais arrivé dans l’histoire de notre République.

Nul, sur les bancs de cette assemblée ne peut se réjouir de cette situation. Nul ne doit la minimiser.

Les Français ne croient plus en l’action politique pour améliorer concrètement leur vie. Les Français, rejoints en cela par de nombreux peuples européens, considèrent que l’Europe aggrave leurs problèmes au lieu d’apporter des perspectives.

A nous,  à chaque famille politique de s’interroger sur ses responsabilités et sur les solutions à construire.

Notre majorité  doit en tirer les leçons…. En mettant tout en œuvre pour obtenir au plus vite des résultats sur le front de l’emploi, par la transition écologique notamment. Chacun sait qu’il existe des doutes -  pour ne pas dire plus - dans la majorité présidentielle, sur les choix économiques et budgétaires opérés. Ce débat, continuons à le mener, en cherchant à définir ensemble de nouveaux équilibres.

Et puisons dans l’exemple italien, pour le moment en tout cas, des raisons d’espérer. Matteo Renzi, tout en lançant de grandes réformes et en desserrant l’étau fiscal, a réussi à contenir les populismes.

Oui, en France comme en Europe, il faut recréer l’espoir. L’espoir s’incarne dans le volontarisme, le courage politique et dans des mesures concrètes.

Nous serons à vos côtés, force de proposition, pour mener ces réformes nécessaires. Comment comptez-vous, Monsieur le Premier Ministre, relever ce défi ?

Réponse du premier Ministre

Je fais miens, madame la co-présidente du groupe écologiste, les mots que vous avez employés il y a un instant pour décrire le vote de dimanche dernier, et j’ai eu l’occasion de m’exprimer ici hier sur ce sujet.

De quoi souffre la France depuis un certain nombre d’années ?

Du chômage de masse, de déficits et d’une dette beaucoup trop importants et d’un manque de compétitivité de ses entreprises. Le Président de la République le rappelait d’ailleurs lundi soir, notre compétitivité n’a cessé de s’éroder, avec la perte de milliers d’emplois industriels, et le différentiel avec l’Allemagne s’est accru. C’est à cette réalité, à laquelle personne ne peut échapper, qu’il faut bien évidemment s’attaquer.

Il faut d’abord soutenir la compétitivité de nos entreprises. Il peut d’ailleurs y avoir un débat sur les instruments à utiliser, sur leur efficacité. C’est notamment le rôle du Parlement, et je sais que vous souhaitez, monsieur le président, examiner avec attention et évaluer les résultats des politiques publiques que nous mettons en œuvre. C’est vrai par exemple pour le CICE, car ce type de mesures doivent être les plus efficaces possibles pour les entreprises, surtout celles qui pourront demain investir et embaucher.

La compétitivité, les marges de nos entreprises, la capacité à embaucher, ce sont nos priorités et nous ne devons pas dévier le cap. Il faut aussi réduire les déficits, réduire la dette. Il faut le faire intelligemment, au rythme adéquat, en respectant nos engagements sans jamais étouffer la croissance. Enfin, il y a des réformes indispensables pour notre pays. C’est vrai pour la transition énergétique ou pour les collectivités territoriales.

Vous avez rappelé, madame la députée, que vous étiez dans la majorité. Je souhaite, je le répète encore une fois ici, que, d’une manière générale, tous ceux qui se situent dans la majorité présidentielle, tous ceux qui se situent dans la majorité gouvernementale, tous ceux qui gouvernent ou ont gouverné aient pleinement le sens des responsabilités. Je serai à l’écoute de tous les parlementaires, et d’ailleurs au-delà de la majorité. Christian Eckert vient de le rappeler pour les emplois à domicile.

Ce que les Français attendent de nous pour répondre à ces crises de confiance dont nous avons encore eu la preuve dimanche dernier, c’est que nous soyons à la hauteur de la situation et que nous soyons efficaces pour l’emploi, le pouvoir d’achat et la croissance. Le Gouvernement sera ouvert à chaque fois que nous pouvons avancer ensemble, et donc, bien sûr, travailler avec vous.

 

Equipe de Barbara Pompili

Commenter

Close