L'orientation en fin du collège

Audition de la Cour des comptes qui présentait son rapport sur l'orientation en fin de 3ème.

 

Je tiens à présenter les remerciements des écologistes pour cet excellent rapport très attendu
Car les décisions d’orientation sont un enjeu démocratique.
Aujourd’hui, les jeunes et les familles – vous l’avez dit - ne sont pas égaux devant les décisions d’orientations.
Le rapport de la Cour des Compte le montre très bien.
Et il faut remédier à ces inégalités qui reflètent et aggravent les inégalités sociales.

Pour commencer, il faudrait revoir le système de notation sur lequel se base les décisions d’orientation.
Ce point n’est pas abordé me semble-t-il.
Or, on sait combien la notation est vécue comme une sanction contre-productive, dès le plus jeune âge….. Et on sait combien les notes sont corrélées à l’appartenance sociale et culturelle.
C’est pourquoi baser les décisions d’orientation sur les notes, c’est maintenir le système éducatif en l’état et – au-delà – toute l’organisation sociale et économique.

Pour en revenir aux recommandations faites par la Cour des comptes, les écologistes sont en accord avec la majorité de celles-ci.
-    Nous partageons le constat de faiblesse du système actuel d’orientation qui renforce les inégalités et stigmatise le sentiment d’échec. Je l’ai évoqué.

-    Pour favoriser des parcours choisis et construits, nous pensons que l’approche actuelle de l’orientation doit être revue.
o    L’orientation doit être réfléchie et voulue.
Cela nécessite une meilleure information.
L’orientation doit être le résultat d’un choix réfléchi et positif. Et l’information préalable est donc essentielle.
L’orientation ne doit pas être uniquement déterminée par les résultats ou les stéréotypes de genre qui sont encore trop présents dans l’orientation actuellemnt. C’est là aussi un point sur lequel les écologistes sont particulièrement vigilants.

o    C’est pourquoi nous soutenons pleinement la mise en place – prévue dans le projet de loi sur la refondation de l’école - d’un « parcours individuel d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel » qui sera désormais proposé en tronc commun… et non plus aux seuls élèves en difficulté !
Cela permettra à chacun de découvrir un petit bout du monde professionnel et de changer le regard des uns et des autres sur les filières professionnelles qui souffrent de discrédit.

o    Nous saluons également la volonté de ne plus enfermer trop tôt des élèves dans une filière.
Ce changement d’approche et la suppression annoncée des DIMA (dispositif d’initiation aux métiers en alternance) est une excellente nouvelle !
Nous nous réjouissons que le gouvernement tourne le dos aux réformes de la précédente majorité qui cherchait à orienter les jeunes de plus en plus tôt.
Désormais, les formations d’apprentis seront exclusivement réservées aux jeunes de 15 ans ou plus et devront poursuivre l’acquisition du socle commun.
Et, bien évidemment, la recommandation n°11 du rapport, relative au recul de toute forme d’orientation à la fin de la scolarité obligatoire, rencontre donc évidemment tout notre soutien !

o    Depuis longtemps les écologistes se battent pour que tous les enfants de 6 à 16 ans soient accueillis dans une « école fondamentale » sans sélection ni orientation.
Il s’agit par-là de rompre avec la culture de la performance, du résultat et du contrôle généralisé….
C’est cette logique sélective et concurrentielle qui fait décrocher et met en échec tant d’élèves.
C’est pourquoi nous souhaitons que, de la 6ème à la 3ème, la scolarité soit considérée comme un parcours continu et sans rupture …..
Le redoublement doit être strictement exceptionnel et uniquement à la demande de la famille.
Nous souhaiterions que cette vision de la scolarité - comme parcours continu sans redoublement - soit véritablement mieux prise en compte.

o    Et nous considérons également que « donner aux familles le droit de décision finale sur la voie d’orientation » est une priorité comme vous l’indiquez dans votre 8e recommandation.
Pour nous, il est impératif de rendre les élèves et, le cas échéant, leurs familles, maître de leur orientation, comme le préconise la Cour des comptes.
L’élève doit être un acteur éclairé de son orientation.
Il faut donc retirer aux chefs d’établissement tout pouvoir de décision sur l’orientation des élèves….
Et comme les commissions d’appels seront ainsi rendues inutiles... il faudrait elles-aussi les supprimer.
Le projet de loi sur la refondation de l’école semble ne pas aller assez loin sur ce sujet en maintenant l’orientation sous la responsabilité du chef d’établissement.

Nous espérons aussi que le gouvernement aura la volonté de s’atteler rapidement à d’autres recommandations de la Cour des comptes comme celles concernant :
-    la formation initiale et continue des enseignants (recommandation n°3),
-    ou encore la création de passerelles entre les voies de formation avec un accompagnement spécifique (recommandation s n°13 et 14).
J’insiste sur ce point car le cloisonnement français est une spécificité dont il faudrait se défaire au plus vite !!!
Ces mesures pourraient être prises très rapidement avec un coût pour l’éducation nationale très faible si elles sont inclues dans les réformes à venir.

Enfin, par rapport à l’Acte III de la décentralisation, nous serons attentifs à ce que l’éducation nationale travaille en étroite collaboration avec les régions qui seront en charge de l’organisation du service public de l’orientation tout au long de la vie.
La recommandation n°5 de la Cour des Comptes retient à ce propos donc toute notre attention.

Equipe de Barbara Pompili

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