Lutte contre la vie chère en Outre-mer

COMMUNIQUE DE PRESSE DU GROUPE ÉCOLOGISTE -

Lutte contre la vie chère en Outre-mer : pour les écologistes, les avancées enregistrées à l'Assemblée nationale demandent à être approfondies

Les revendications et mouvements sociaux qui ont fédéré les ultra-marins depuis 2009 autour de la lutte contre « la vie chère » ont enfin passé les murs de l’assemblée nationale. Mais en repoussant la prise en compte des considérations de santé et d’un développement autonome, l'Assemblée reste au milieu du gué, estime François-Michel Lambert, le chef de file des écolodéputé-e-s lors de l'examen du texte de loi.

Les débats qui se sont tenus en première lecture à l’assemblée nationale dans le cadre du projet de loi « régulation économique outre-mer » ont rappelé que ces territoires concentrent les inégalités : inégalités économiques criantes et dénoncées par tou-te-s mais aussi, comme n’ont eu de cesse de le rappeler les écologistes, inégalités sociales et environnementales. Les mesures adoptées dans le cadre de ce projet de loi vont dans le bon sens : elles permettront au gouvernement d’intervenir directement sur la structure des marchés locaux pour mettre un terme aux abus d’un nombre restreint d’entreprises et groupes d’entreprises. L'enjeu est d'empêcher ces acteurs de profiter de l’éloignement géographique et des particularités socio-économiques des outre-mer pour établir des situations des quasi-monopole dont les victimes sont les consommateurs finaux. L’ensemble de dispositions adoptées devra permettre de ramener les prix, et en particulier ceux des biens de première nécessité, à des niveaux acceptables pour les habitant-e-s de ces territoires.

Si les mesures économiques prises sont louables et ont été votées par les écologistes, le projet de loi proposé continue d'ignorer les inégalités en termes de santé publique. De même, la question, pourtant centrale, de l'autonomie de développement pour les outre-mer demeure trop peu prise en compte. Dans la nuit de mercredi à jeudi les député-e-s écologistes, emmenés par François-Michel Lambert, prenant la suite de leurs homologues du Sénat, ont défendu quatre amendements visant respectivement

  • à favoriser le développement de circuits courts de consommation – production alimentaire,
  • à renforcer les considérations environnementales et sociales dans les choix d’investissements des collectivités locales d’outre-mer,
  • à interdire l’épandage aérien de pesticides sur ces territoires,
  • à mettre un terme à l’aberration qui veut que les taux de sucre autorisés dans les produits alimentaires vendus dans les outre-mers soient jusque 40% supérieurs aux mêmes taux en métropole, alors que un quart des enfants et la moitié des adultes ultramarins souffrent de surcharge pondérale !

L'avis négatif du gouvernement et de la rapporteure du projet de loi a conduit au rejet de ces amendements, provoquant incompréhension et surprise auprès de plusieurs députés présents dans l’hémicycle. Sur la quasi-totalité des propositions écolos, le gouvernement a argué que d’autres textes étaient en cours d’élaboration : il faudra donc attendre.

Les écologistes seront extrêmement attentifs à ce que ces engagements soient tenus.

Les parlementaires écologistes, emmenés par Aline Archimbaud et Joël Labbé au Sénat et par François-Michel Lambert à l’Assemblée Nationale, veilleront à ce que le gouvernement engage très vite les mesures annoncées et  seront de nouveau au rendez-vous pour défendre le droit à un développement économique autonome, respectueux des richesses naturelles et humaines des outre-mer.

Equipe de Barbara Pompili

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