Radio France - exécution du COM

Radio France - exécution du COM

Lors de l’audition de Matthieu Gallet par la commission culture de l'Assemblée nationale, Barbara Pompili est intervenue sur les enjeux liés au numérique : gratuité des podcasts, vers une offre numérique commune et publique entre Radio France et France Télévisions, le développement de la Radio numérique Terrestre (RNT)... Sur l'audience, elle a insisté sur le problème de son vieillissement et de l’éloignement des classes populaires  ainsi que sur la nécessaire clarification des identités des différentes chaînes. Soutenant les identités et langues régionales, elle a rappelé le besoin de donner à France Bleu les moyens de développer son réseau. Au niveau des ressources humaines, elle a rappelé combien l’humain ne doit pas être la variable d'ajustement. La précarité et la permittence appellent des réponses claires et pérennes. Elle a aussi soulevé l'enjeu de mieux représenter la diversité dans les prises d'antenne mais aussi en interne.

Audition Matthieu Gallet - Radio France - 10... par Pompili
Monsieur le Président Gallet,

Comme nous vous avons auditionné en juin dernier, certaines de mes remarques ne vous étonnerons probablement pas.

Sur la question du numérique notamment, l’exécution du COM pour 2013 fait état de progrès et je connais votre engagement sur ce chantier. Ce sont là de très bonnes choses. J’en profite néanmoins pour rappeler notre opposition à toute remise en question de la gratuité de l’accès aux podcast.

Même analyse quant à la gratuité de RF8. Avez-vous d’ailleurs avancé sur le rapprochement entre RF8 et FIP  que vous avez évoqué lors de l’audition de juin dernier, je ne pense pas que vous l’avez évoqué ?

J’aimerais aussi vous entendre sur un autre dossier, celui de la coopération entre Radio France et France Télévisions. Alors que le rapport du CSA regrette un manque de coopération dans son rapport sur l’exécution du COM 2013 en matière de diffusion de concerts. Je pense que nous sommes nombreux ici à souhaiter que cet enjeu de la coopération soit abordé à l’aune des potentialités offertes par le numérique.

L’idée consistant à développer des offres numériques communes entre Radio France et France télévisions doit avancer. Je pense notamment à l’exemple souvent cité d’une plateforme numérique dédiée à l’information avec France 24, France Info, RFI…. Chaque chaîne apportant ses spécialités qui seraient mises au service de tous. A condition que cela devienne un projet partagé par l’ensemble des équipes (les directions comme les salariés), cette offre numérique commune et publique pourrait être une source d’enrichissement culturel.

Concernant l’autre grand défi numérique que représente la Radio numérique terrestre, si nous attendons toujours le rapport du CSA … nous considérons que faire le pari de la RNT pourrait résoudre les problèmes de maillage du territoire, notamment pour France Info ou France Bleu. La RNT est aussi souvent identifiée comme un remède possible au problème de perte d’audience car elle permettrait de proposer partout une réelle qualité d’écoute. C’est pourquoi, compte tenu de ces potentialités et du contexte d’inflexion de l’audience, je voulais savoir si votre position a évolué depuis votre audition de juin dernier lors de laquelle vous aviez semblé plutôt réservé à ce propos.

Sur la question de l’audience plus précisément, le vieillissement et l’éloignement des classes populaires sont problématiques. Pourriez-vous préciser comment vous envisagez d’agir pour inverser la tendance ?

Cela m’amène à évoquer deux points. Tout d’abord mes inquiétudes – et nos inquiétudes - sur l’avenir du Mouv’. Les changements fréquents de ligne éditoriale ont probablement joué dans la détérioration constante de son audience. Aussi, même si je partage l’objectif de mieux cibler les jeunes, bouleverser à nouveau la grille en 2015 ne risque-t-il pas d’être contre-productif ? Mais de toute façon je ne sais pas quelles sont les bonnes solutions pour le moment

De façon générale, une clarification des identités des différentes chaines demeure nécessaire. Et je souhaite insister sur l’importance de France Bleu. Les analyses du CSA - qui regrette le manque de données permettant notamment d’évaluer les gains en termes de volume d’antennes locales - sont inquiétantes. Vous connaissez l’attachement des écologistes aux identités régionales. Et je vous ai entendu parler des langues régionales. Aussi, nous souhaiterions avoir l’assurance que France Bleu est vraiment en capacité de développer son réseau.

L’autre point que je veux évoquer est le nouvel auditorium. Vous avez récemment annoncé – et vous en avez parlé à l’instant - votre volonté d’ouvrir ce nouvel auditorium à un public plus diversifié - tant au niveau social que de l’âge - en proposant des concertes moins formels et des tarifs plus attractifs. Vous avez aussi annoncé la mise en place d’ateliers pédagogiques pour que les enfants se familiarisent avec la musique classique. C’est là une démarche sur laquelle vous avez entièrement notre soutien ! En ce qui concerne les ateliers pédagogiques, pourriez-vous préciser votre projet ? Et nous dire si des liens sont-ils prévus avec les opportunités offertes par la réforme des rythmes scolaires et la mise en place des Projets éducatifs de territoire ?

Sur la question de la représentation de la diversité, l’obtention en 2013 du Label Diversité est une avancée. Mais les marges de progression sont encore grandes. La présence de femmes à l’antenne et à des postes importants demeure insuffisante, même si j’ai bien noté une augmentation des directrices des chaînes. Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes préconise d’ailleurs de suspendre les 4 milliards d'argent public que touchent normalement médias, éditeurs de manuels scolaires et communicants institutionnels à leur lutte contre les clichés sexistes. Sur la question de l’emploi des personnes en situation de handicap, on ne peut plus tergiverser et je rappelle que l’obligation des 6% concerne aussi Radio France. Le service public se doit d’être exemplaire !

Sur la question des ressources humaines, pourriez-vous préciser les raisons pour lesquelles les négociations du nouvel accord collectif ont été interrompues ? Je tiens à redire que la gestion des emplois précaires et des intermittents est un point sur lequel une attention particulière est requise. La question de la permittence se doit d’être soulevée afin de trouver des réponses pérennes. Mais, j’insiste, si une gestion rigoureuse est nécessaire – et les importants dérapages du chantier de réhabilitation posent d’ailleurs question -, il serait grave de penser que l’humain peut être la variable d’ajustement. Concernant le chantier, enfin, pourriez-vous nous indiquer quelles seront les répercussions du récent incendie ?

Je vous remercie

 

Pour visionner l'ensemble de l'audition, cliquer ici.

Equipe de Barbara Pompili

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