Réussite éducative

A l'occasion des débats sur l’abrogation de la loi Ciotti qui prévoyait la suppression des allocations familiales en cas d'absentéisme scolaire, les députés ont auditionné la Ministre George Pau-Langevin sur les enjeux de la réussite éducative et les politiques éducatives à mettre en place.

 

Intervention de Barbara Pompili :

Monsieur le Président Patrick Bloche, Madame la Ministre, Mes chers collègues,

Je vous remercie Mme la Ministre pour ce très intéressant exposé.

La réussite éducative pour toutes et tous est un véritable enjeu.

Une des facettes de la lutte contre l’échec scolaire concerne bien entendu la lutte contre l’absentéisme.Il s’agit là d’une véritable préoccupation… et nous aurons l’occasion d’en discuter plus précisément demain, en commission.

L’absentéisme scolaire est un phénomène qui s’amplifie avec l’âge des jeunes… et qui concerne aussi les plus petits car dès la primaire l’absentéisme est une préoccupation.

Et c’est un phénomène grave car l’absentéisme ouvre le chemin du décrochage scolaire et le nourrit en même temps.

C’est un cercle vicieux dans lequel, une fois engouffré, il est difficile de ressortir.

Aujourd’hui, l’absentéisme scolaire est bien souvent synonyme d’une insertion plus que difficile dans le monde du travail et, de façon plus générale, dans notre société.

Or, l’échec scolaire est une des priorités de la majorité.

Il était donc logique de s’atteler à ce phénomène….. Et de commencer en tout premier lieu par abroger la loi Ciotti qui aggrave le phénomène au lieu de le combattre en stigmatisant encore plus celles et ceux qui auraient besoin, au contraire, d’un accompagnement.….

Car quelles sont les principales causes de l’absentéisme, vous l’avez dit :

Tout d’abord : les difficultés d’apprentissage de certain, le redoublement ou une orientation imposée, le système de notation et de compétition qui stigmatise et décourage l’élève en difficulté.

Et puis aussi, il y a des causes liées aux difficultés sociales et familiales de l’élève : la précarité et le chômage qui touche les parents, des ruptures familiales, des conflits au sein des familles…

C’est pourquoi les politiques éducatives et sociales à mettre en œuvre pour lutter contre l’absentéisme et, de façon plus générale, l’échec scolaire sont de véritables enjeux.

Nous partageons bien sûr le changement d’approche opéré par le  nouveau gouvernement.

Car il s’agit en effet de favoriser l’accompagnement des familles et non de mener une politique répressive.

Aussi, je souhaiterais profiter de votre présence Mme la Ministre car absentéisme et réussite éducative sont liés pour obtenir des précisions sur certains points.

Les actions d‘accompagnement éducatif que vous prévoyez de mettre ne œuvre,

Et aussi en ce qui concerne les mesures permettant de mieux prendre en charge et accompagner, de façon personnalisée, les élèves les plus en difficulté.

De même, pourriez-vous préciser vos intentions sur un autre enjeu relevant de votre délégation : la santé des élèves ?

 

Il me semble aussi que vous aviez envisagé de vous intéresser à l’amélioration des dispositifs d’orientation. Et je souhaiterais là aussi en savoir un peu plus sur ce  que vos intentions à ce sujet.

Car nous avons eu l’occasion d’échanger la semaine dernière ici même sur les enjeux de l’orientation en fin de collège, dans le cadre de la présentation par la Cour des comptes de son rapport à ce propos. Les échanges furent très intéressants.

Il a alors été évoqué combien le redoublement et l’orientation imposée sont vécues comme des sanctions et conduisent souvent à un rejet et à perte de confiance en soi. C’est là un point sur lequel de grands progrès restent à faire. L’élève doit pouvoir choisir lui-même son orientation, de façon éclairée bien sûr. Pour ce faire, beaucoup reste à faire : une meilleure information, un autre regard sur les voies professionnalisantes, plus de liens avec le milieu professionnel et – bien sûr- plus de passerelles.  Car choisir une voie ne doit pas être bloquant comme ça l’est encore trop souvent aujourd’hui.

On a le droit de changer d’avis, on a le droit de souhaiter faire autre chose, de revenir dans une branche de notre système éducatif….  Je l’ai dit – et je le répète donc : le système français s’emmure dans un cloisonnement qui n’a plus lieu d’être !

Un autre point pour lequel les écologistes plaisent est l’amélioration de l’implication des parents d’élèves dans la vie de l’école, qui pourrait avoir des effets sur l’absentéisme

Sur ce point, nous demandons qu’un statut de parent délégué soit créé. Pourriez-vous nous dire votre position à ce propos ?

Cela serait déjà un premier pas vers un décloisonnement de l’école.

L’école doit cesser d’être un lieu fermé.  Plus des liens seront tissés entre l’école, le collège ou le lycée et le milieu extérieur… plus nous arriverons à lutter contre l’échec scolaire.  Je pense aux liens avec les associations locales, avec les artistes

Je souhaite aussi revenir un instant sur la question de la pré-scolarisation des enfants de moins de trois ans.   Les effets positifs en terme de réussite scolaire et d’insertion, notamment dans les milieux en difficultés, ne sont plus à démontrer.   C’est un enjeu sur lequel vous avez évidemment mon entier soutien.   Pourriez-vous nous donner des précisions sur l’état d’avancement de ce dossier ? en lien avec l’autre loi à venir ? y compris en termes de moyens ?

Enfin, parler de réussite éducative pour toutes et tous, c’est aussi parler de l’accueil des élèves en situation de handicap. Pourriez-vous nous donner des précisions sur vos actions à ce sujet ?

Pour conclure, je souhaite vous féliciter quant à  votre volonté de favoriser la scolarisation des enfants Roms et itinérants.  Car personne, aucun enfant, ne doit être exclu. Bien au contraire !

Je vous remercie

Equipe de Barbara Pompili

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