Sciences Po Paris : une institution dans sa bulle, loin de toute attache, hors des lois.

Communiqué de presse d’Isabelle Attard, suite à la publication par la Cour des Comptes d’un rapport accablant sur la gestion de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, dit Sciences Po.

J’ai pris connaissance aujourd’hui du rapport établi par la Cour des comptes entre septembre et juin 2012. Cette parution a donné lieu à l’audition de Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau par la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.

J’ai posé un certain nombre de questions à ces deux responsables de l’IEP de Paris et de la Fondation Nationale de Science Politique.

  • Comment est-il possible que l’administrateur-directeur ait pu s’auto-attribuer des augmentations et des primes, sans vote devant le conseil d’administration ? Et ce pour des montants dépassant très largement les établissements équivalents ? Rien ne justifie une rémunération qui passe de 315 000 à 505 000 euros en 5 ans !
  • Comment est-il possible que les cours soient assurés à 93% par des enseignants vacataires, alors qu’ils ne représentent que 20 % des dépenses en personnel ?
  • Comment est-il possible de ne prendre qu’aujourd’hui l’engagement de respecter le code des marchés publics, qui date de 2005 ? La loi ne s’appliquerait-elle pas à Sciences Po Paris ?

Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau n’ont parlé que des résultats de Sciences Po Paris, qu’ils jugent exceptionnels. Mon avis diverge profondément. Ces résultats, si bons soient-ils, justifient-ils une dotation annuelle par étudiants supérieure à celle des autres étudiants ? Celle-ci est de 13 000 euros, alors que l’Institut d’études politiques de Lille doit se contenter de 4 000 euros. Les résultats dont se targuent Mrs. Casanova et Pébereau sont donc tout juste suffisants, au regard de leur coût.

Sciences Po Paris est visiblement une institution aux services de ses dirigeants, déconnectés des réalités, des bonnes pratiques de gestion, et des lois de la République. Il est plus que temps pour le gouvernement de crever la bulle qui entoure cette institution d’un silence assourdissant. Il est urgent de réformer la gouvernance, et de renouveler en profondeur le conseil d’administration de la FNSP et le comité de direction de l’IEP de Paris. Il n’est pas possible de demander à ceux qui ont causé les problèmes de les résoudre. Cette recommandation concerne aussi le précédent directeur adjoint et actuel administrateur provisoire, Hervé Crès.

Aujourd’hui, la Cour des Comptes a saisi la Cour de discipline budgétaire et financière de plusieurs faits mis en lumière dans ce rapport, et a transmis le dossier au parquet général à cette fin. La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, a tiré toutes les conclusions de ce rapport. Elle a refusé de valider la nomination d’Hervé Crès comme dirigeant de Sciences Po Paris, et annoncé la nomination prochaine d’un administrateur temporaire.

Isabelle Attard se réjouit des mesures prises par la ministre qu’elle juge courageuses et nécessaires.

Les députés écologistes font le vœu que tout soit mis en œuvre pour que la gouvernance de Sciences Po Paris soit réformée, et que cesse enfin le gaspillage de l’argent public, avéré par la Cour des comptes.

Equipe de Barbara Pompili

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