Formation professionnelle

La commission éducation étant saisie pour avis sur la réforme de la formation professionnelle, Barbara Pompili est intervenue pour s'assurer que la formation sera désormais réellement accessible à ceux qui en ont le plus besoin (personnes les moins formées, contrats précaires, chômeurs de longue durée...). La situation des salariés de l’entreprise Goodyear à Amiens ne doit en effet plus être possible : là, ceux qui ont le moins bénéficié de formation étaient les salariés les moins qualifiés et, faute de formation, certains d’entre eux ont même régressé et des cas d’illettrisme ont été constatés.

Barbara Pompili a ainsi souligné la nécessité de faciliter l'accès à l'information et l'accompagnement nécessaire ; de faire réellement des régions l'interlocuteur en matière de formation (y compris pour les demandeurs d'emploi) ; de prioriser les secteurs d'avenir de la transition écologique dans les formations et orientations ; dispositions prévues pour les bénévoles, les intermittents du spectacle, les fonctionnaires et les chômeurs de longue durée au sein du Contrat personnel de formation...

Et elle a rappelé la nécessité de valoriser encore la VAE et de tendre vers la mise en place d'un véritable droit universel à la formation tout au long de la vie pour toutes et tous : un minimum de 5 ans utilisables à tout moment de sa carrière professionnelle.

 

Intégralité de l'intervention de Barbara Pompili :

Monsieur le Président, Madame la Rapporteure, Chers collègues,

Tout d’abord, je souhaite remercier Mme la rapporteure pour son travail.

Ce projet de loi relatif comprend un certain nombre de dispositions visant à renforcer et simplifier l'accès à la formation. C’est une bonne chose. Car, jusqu'ici, la formation professionnelle avait tendance à être utilisée majoritairement par des salariés disposant déjà d'une formation initiale solide et en capacité de trouver les financements et d’identifier les interlocuteurs.

La multiplication des structures œuvrant dans le champ de la formation rend souvent les démarches illisibles. A Amiens, par exemple, au sein de l’entreprise Goodyear, cela a été clairement dit lors de la mission d’information : ceux qui ont le moins bénéficié de formation étaient les salariés les moins qualifiés…. Faute de formation, certains d’entre eux ont même régressé et des cas d’illettrisme ont été constatés. Le DIF - qui va être remplacé – était un échec. En 2011, par exemple, seuls 5% des salariés en ont fait usage. Aussi, faciliter l'orientation des salariés souhaitant suivre une formation, tant au niveau de la recherche de financements que pour connaître leurs droits et les formations disponibles est une avancée nécessaire à laquelle répond en partie ce projet de loi.

Certes, les écologistes saluent les progrès en matière de décentralisation avec le renforcement des compétences des Régions. La région est l’échelon territorial le plus à même de s’occuper avec cohérence et efficacité du développement économique et du volet formation et orientation qui doivent aller de pair. Les articles 12 et 13 vont ainsi dans le bon sens. Tout comme l’article 8 relatif aux CFA.

C’est au niveau des régions qu’une vision stratégique sur le court, moyen et long termes permettra de guider les décisions prises pour que les apprentissages et les formations professionnelles proposées aujourd’hui – et donc aussi l’orientation - répondent aux enjeux de demain. Car les formations doivent trouver un écho dans l’immédiat mais aussi dans les métiers d’avenir de demain. Et il en va de même pour l’apprentissage. Nous serons donc vigilants à ce que les secteurs relevant de la transition écologique – comme les énergies renouvelables ou encore les transports - puissent être priorisés.

Mais, pour en revenir à la lisibilité des politiques menées et à leur accessibilité pour le plus grand nombre : l’enjeu est aussi – j’insiste - l’existence d’un guichet clairement identifié et identifiable par le public où l’ensemble des informations et compétences d’orientation soient disponibles. Il faut en effet que les lieux d’information et d’accompagnement soient clairement identifiables par le public et que, quel que soit le lieu où l’on s’adresse - CIO, mission locale ou encore Pôle emploi… - toutes les informations disponibles soient les mêmes. La compatibilité des logiciels et les transferts d’informations sont d’ailleurs un postulat de base…. encore trop difficilement en œuvre aujourd’hui. Cette question revêt une importance cruciale pour remédier aux difficultés d’accès aux formations pour nombre de nos concitoyens.

Et, si nous soutenons le renforcement du rôle des régions, il faut aller plus loin encore pour qu’elles soient véritablement l’interlocuteur identifié en matière de formation, …. cela afin justement de mettre la formation au service des territoires. Les régions devraient ainsi récupérer la totalité de la compétence concernant les demandeurs d’emploi et non plus la partager avec d’autres acteurs.

J’en profite pour faire part de quelques craintes quant au Contrat personnel de formation. Certes, le CPF représente une réelle avancée car chaque individu pourra le conserver, quelle que soit sa situation professionnelle, et il lui sera possible de l’utiliser librement, sans nécessaire consentement de son employeur. Avec mes collègues, nous saluons bien entendu la création de ce Compte.  Il s’agit d’un premier pas vers le droit universel à la formation tout au long de la vie.

Mais, nous avons des doutes par rapport aux dispositions pour les fonctionnaires, les demandeurs d’emplois, ou encore les intermittents du spectacle… A cet égard, Madame la rapporteure, peut-être pourriez-vous nous apporter des éclairages sur le cadre dans lequel les bénévoles et les personnes en service civique pourront bénéficier d’actions de formation comme cela est mentionné dans le texte de loi ?

Et, les 150 heures représentent une amélioration par rapport à l’existant. C’est indéniable. Mais elles demeurent insuffisantes : la plupart des formations nécessitent entre 400 et 1200 heures. Et peut-être serait-il nécessaire que les personnes peu formées, comme les contrats précaires, les demandeurs d’emplois ou les personnes en situation de handicap, puissent bénéficier de plus d’heures pour que cette réforme bénéficie particulièrement à ceux qui en ont le plus besoin… c’est-à-dire aux personnes les moins formées et aux chômeurs de longue durée. C’est là un enjeu de justice sociale, comme on le fait d’ailleurs pour l’école avec l’éducation prioritaire.

Vous le savez, les écologistes souhaitent que la VAE soit plus accessible et valorisée et prônent un droit universel à la formation tout au long de la vie pour toutes et tous : un minimum de 5 ans utilisables à tout moment de sa carrière professionnelle.

Nous en sommes encore loin, mais ce projet de loin demeure une avancée.

 

Equipe de Barbara Pompili

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