Rythmes scolaires

Intervention de Barbara Pompili en commission en réaction à la proposition de loi de Xavier Bertrand et de ses collègues UMP relative au libre choix des maires concernant les rythmes scolaires dans l'enseignement du premier degré. Sans nier la nécessité de procéder à des adaptations, ce qui est le propre de toute réforme ambitieuse, la députée a rappelé le bien fondé de cette réforme : allègement des journées de travail, décloisonner les temps scolaires/périscolaires, ouvrir l'école sur l'extérieure, démocratiser les activités culturelles et sportives... Elle est enfin revenue sur deux éléments essentiels pour que cette réforme fonctionne : la concertation pour que le projet soit co-construit et le financement. Sur cette question, Barbara Pompili  a rappelé la demande de pérennisation du fonds d'amorçage pour garantir la gratuité des activités et garantir l'équité territoriale.

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Alors que l’on devrait maintenant encourager la concertation entre élus, enseignants, parents et associations pour que chacun apporte sa contribution à la réforme des rythmes dans l’intérêt de nos enfants, alors que nous – législateurs – devrions nous concentrer sur les prochaines réformes à mener sur le métier d’enseignant, la réforme du collège, des programmes, de l’éducation prioritaire…. Voilà que nous revenons en arrière avec cette proposition de loi qui vise tout simplement à revenir à la semaine de 4 jours dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle est néfaste pour les écoliers.

Et en ce sens, cette proposition de loi n’est pas digne de notre travail de législateur. Et j’espère, mais je ne vous ferez pas ce procès, que nous ne sommes pas là face à une tentative d’instrumentalisation de nos enfants à l’approche d’échéances électorales….

Car, n’oublions pas que c’est sous la majorité du président Sarkozy que la situation de l’éducation nationale s’est fortement dégradée.

C’est la droite qui a multiplié les fermetures de classes, qui a mis fin à la formation des enseignants, qui a supprimé de 80 000 postes au sein de l’éducation nationale. Alors, voir les mêmes personnes qui ont soutenu ces agissements prendre la tête de la contestation et en appeler au boycott de la réforme des rythmes ne me semble ni légitime ni sérieux.

Alors, c’est vrai, la réforme des rythmes nécessite des ajustements, je ne vous dirai pas l’inverse. C’est le propre de toute réforme que se veut ambitieuse de nécessiter d’un temps de « rodage ». Alors, oui, il y a des adaptations à mener. En maternelle où les dysfonctionnements sont réels ( ex : réveil des enfants lors de la sieste). Je pense aussi aux animateurs qui demandent légitimement une amélioration de leurs conditions de travail et de leurs salaires et aussi de leurs formations. Et je pense au besoin de plus de souplesse pour mieux coller aux réalités et spécificités locales… Chaque municipalité et chaque école peut avoir des besoins particuliers

Rendre plus souple le décret est en ce sens une demande que les écologistes soutiennent pour dépasser par exemple la question des « 9 demi journées » et permettre de concentrer les activités péri-scolaires sur une demi-journée. Il conviendrait d’ailleurs d’organiser l’emploi du temps à partir des contenus plutôt que des horaires

Mais il n’est pas possible de douter de la légitimité de cette réforme. Permettez-moi de rappeler brièvement les buts de cette réforme.Tout d’abord il s’agit d’alléger les journées de travail : avec la semaine de quatre jours mise en place en 2008 par la droite, les écoliers français avaient le nombre de jours d’école les plus faible des 34 pays de l’OCDE. Et, par conséquent, ils subissaient des journées trop longues et chargées. Avec la semaine de 5 jours, les élèves français bénéficieront d’un nombre de journées de cours comparables à leurs camarades européens et d’un rythme de travail adapté aux standards reconnus par tous les spécialistes de l’enfance. Il s’agit aussi de mieux répondre à la chronobiologie des enfants . Et cette réforme doit aussi permettre de décloisonner les approches : renforcer liens entre temps scolaire/périscolaire, ouvrir l’école sur l’extérieure, sur son environnement local.

Cette réforme doit aussi être l’occasion d‘avancer dans la démocratisation de l’accès à la culture et au sport. Jusqu’à présent rien n’était pensé nationalement pour que chaque enfant puisse avoir accès à des activités culturelles ou sportives aux heures où leurs parents travaillent. On parle beaucoup de ces nouveaux rythmes mais on ne parle pas de tous ces enfants qui passaient leurs mercredis matin devant la télévision. Il s’agit donc d’une véritable avancée.

Cette réforme des rythmes cumulée à la refondation de l’école doit ainsi être une belle opportunité pour faire « autrement », pour favoriser les innovations pédagogiques et, plus globalement, pour l’éducation partagée…

D’ailleurs une des clés pour que cette réforme fonctionne : c’est la concertation. Les PEDT sont à cet égard un excellent outil. Ils doivent permettre une conception globale du temps de l’enfant et constituent le cadre parfait pour mettre tout le monde autour de la table : les Maires bien sûr, mais aussi les personnels des écoles, l’éducation nationale, les associations sportives , culturelles de l’éducation populaire…. Et il convient aussi d ‘associer : les parents et le secteur médico-social.C’est une 1ère étape vers la co-construction des politiques éducatives, vers l’éducation partagée que les écologistes appellent de leurs vœux.

L’autre grand enjeu pour la réussite de cette réforme c’est, bien sûr, le financement. Pour que les activités périscolaires soient accessibles à toutes et tous, quels que soient ses moyens…. l’enjeu de la gratuité est réel.

Un fonds d’amorçage a été créé à cet effet par la loi sur la Refondation école. Mais il ne faut pas nier les difficultés financières de certaines communes. Il en va de l’équité territoriale et je suis intervenue à plusieurs reprises pour demander une pérennisation de ce fonds. Le gouvernement semble d’ailleurs entendre ces demandes puisque : ce fonds sera reconduit en 2014 et Premier Ministre n’a pas fermé la porte sur cette question.

Pour conclure,  l’enquête de l’Association des Maires de France nuance le poids financier de la réforme dénoncé par les élus de l’opposition et indique que plus de 80% des communes ayant mis en place la réforme des rythmes sont satisfaites !

Alors, vous l’aurez compris, les écologistes s’opposeront avec virulence à cette proposition de loi qui répond à une stratégie électoraliste n’ayant rien à voir avec l’intérêt des enfants.

Je vous remercie

Equipe de Barbara Pompili

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